Les Cours de justice de Mons

 

Auteur : Jean Barthélemy, Jean-Louis Franeau, Colette Pierard, Jacques Van Belle, Francis Hambye

Préface : Hervé Hasquin, secrétaire perpétuel de l’Académie Royale de Belgique

Photographies : Pierre Peeters

Prix : 42,00 €

Le souhait le plus secret du créateur, c’est de se projeter dans l’avenir, de penser aux rencontres, dans le déroulement du temps, entre son œuvre et ceux qui l’habiteront, la fréquenteront, en parleront ou simplement la regarderont : seront-ils encore séduits par sa présence ?  La question reste ouverte, car l’appréciation en architecture tient à cette diversité dans l’appréhension par la multiplication des angles de vues.  Face à ces défis, les meilleurs atouts des architectes, ce sont encore la réflexion critique sur le patrimoine à maintenir ou à adapter, le sens de la mesure pour respecter l’échelle propre des lieux tout autant que la confiance en soi pour oser créer.

 

Il nous semblait important à travers ce livre de dépasser la « simple » analyse architecturale pour essayer de décrypter la genèse même du bâtiment.  Il fallait construire un complexe aux dimensions importantes répondant tant aux critères judiciaires qu’aux critères urbanistiques.  Le choix de l’emplacement fut donc crucial.  Le format triangulaire du terrain et l’intégration de la Tour Valenciennoise furent de vrais défis qui furent brillamment relevés.

 

Outre l’intérêt et la grande diversité des textes – interventions du Premier Président de la Cour d’Appel, Mr Franeau, du directeur de la section Hainaut de la Régie des Bâtiments, Mr Van Belle, d’un sociologue urbain, Mr Hambye et d’une historienne, Mme Pierard – les photographies de Pierre Peeters nous entraînent à regarder ce bâtiment sous un nouvel angle, à travers cette lumière naturelle omniprésente qui le fait vivre par ses jeux d’ombres et de lumière.

 

Pourtant l’espace reste lumineux.  Et c’est ainsi dans toutes les zones publiques de l’édifice : la lumière, naturelle ou artificielle, apparaît plus comme une invitée que comme une maîtresse de maison.  Elle est là, mais discrète.  Elle prend des contours détournés, longe les murs, s’engouffre dès qu’on lui donne la possibilité de le faire.  Elle accepte les règles du jeu, les distorsions, la mise en reflet.  Dans le hall d’entrée, par exemple, elle surgit du décloisonnement des différentes parties de l’édifice, elle tombe depuis le belvédère d’un puits de lumière, elle pénètre par la partie supérieure vitrée des portes en provenance des verrières du sas d’entrée.  Rien n’est simple.  Mais ces jeux et ces détours font d’elle l’une des actrices principales de la scène.  Et quand le temps est changeant, quand au fil de la journée le soleil effectue sa course, elle répercute, plus subtilement encore, toutes ces nuances.

 

           

  

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