Christiguey. L'art de la matière, de la couleur, de la lumière

Auteurs : Kristel Brusadelli, Clémy Temmerman, Michel Voiturier
Préface : Jean-Claude Gérard
Photographie : Pierre Peeters
Prix : 40,00 €
Le présent ouvrage, tout en nous faisant voyager au cœur de 30 années de recherche et de création, porte sur l’œuvre de Christiguey un regard « protéiforme » en adéquation avec l’aspect pluridisciplinaire de sa démarche.
L’historienne de l’art Clémy Temmerman, en guise d’introduction, retrace l’histoire du bijou depuis les premiers Hommes jusqu’à la période contemporaine en y précisant la place que Christiguey y occupe : Pierres précieuses, fines ou ornementales et métaux lui inspirent des œuvres évoquant tour à tour l’Art Nouveau, les aigrettes chères au XVIIe siècle, les émaux chatoyants du Moyen Age (…) (Extrait, p. 14) Le photographe Pierre Peeters (dé)montre comment Christiguey est parvenue à dompter la matière, à jouer subtilement avec les couleurs et à faire naître la lumière. Quand la photographie épouse si parfaitement la joaillerie, les yeux se régalent et pénètrent dans le monde de l’Art…La poésie de Michel Voiturier vient insuffler une autre vie au livre. Son langage particulier nous invite à interpréter différemment les créations, à y repérer des éléments invisibles au premier abord.
Quant à Kristel Brusadelli, philologue en langues et littératures romanes, elle s’attache dans un premier temps à analyser la genèse de l’œuvre, à envisager le cadre humain et artistique dans lequel la joaillière a évolué et à y déceler les éléments fondateurs. Elle propose ensuite une série de commentaires de quelques bijoux où se mêlent littérature, histoire, philosophie : Déployer ses ailes sans entrave et s’affranchir du monde terrestre. Plonger dans l’espace infini pour transcender la condition humaine. Et (respirer) l’air le plus pur, les narines gonflées comme des gobelets, sans avenir, sans souvenir… L’aile symbolise cette dématérialisation qui est source de libération. C’est pourquoi dans la mythologie et l’art, l’être inspiré et errant sur le chemin de la connaissance, est représenté avec des ailes. On pense notamment à la figure symbolique d’Icare. Ailé, l’homme peut également espérer concrétiser ses rêves de voyage. D’autres images viennent alors nourrir notre imaginaire, comme celle du dieu aux sandales ailées, Mercure. Mais aussi ces images un peu moins répandues en Occident, celles de ces bouddhistes aux « pieds légers » sillonnant les airs grâce à leurs souliers volants…Leurs mouvements sont synonymes de douceur et de suavité : D’où venez-vous, si sauvages et si légers ? Car des sandales d’éclair sont à vos pieds, et vos ailes sont suaves et douces comme la pensée. Et la pensée se fait vagabonde : Où vas-tu, ô pensée ? Vers quel pays lointain prends-tu ton vol ? Mais les pieds ailés sont aussi ceux du danseur… (Extrait, p. 133)

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