Bernard Bay, photographe.          "L'avenir au présent"

 

 

Auteur : Céline Gerin, archéologue et historienne de l’art

Préface : Xavier Canonne, Directeur du Musée de la Photographie

Prix : 10,00 €

 

L’intérêt de ce carnet était de découvrir à travers son parcours et son œuvre l’homme qui se dissimule derrière le photographe. Comprendre son cheminement et les valeurs intrinsèques des thèmes qu’il aborde tel fut notre objectif.

L’ouvrage débute par une notice biographique avant de situer l’œuvre dans un contexte historique et artistique.

Comment regarder ces photos de mineurs sans se laisser envahir, non sans une certaine émotion, par des souvenirs du célèbre roman de Zola, Germinal, lu sur les bancs de l’école.  Certains passages de ce roman qui se déroule dans notre « Pays Noir » semblent être autant de commentaires aux images de Bernard Bay. 

«  (…) le puits avalait des hommes par bouchées de vingt et de trente, et d’un coup de gosier si facile, qu’il semblait ne pas les sentir passer.  (…)  la cage de fer montait du noir, se calait sur les verrous, avec ses quatre étages contenant chacun deux berlines pleines de charbon. (…)  Et c’était dans les berlines vides que s’empilaient les ouvriers, cinq par cinq jusqu’à quarante d’un coup, lorsqu’ils tenaient toutes les cases.  Un ordre partait d’un porte-voix, un beuglement sourd et indistinct, pendant qu’on tirait quatre fois la corde du signal d’en bas, « sonnant à la viande », pour prévenir de ce chargement de chair humaine.  Puis, après un léger sursaut, la cage plongeait silencieuse, tombait comme une pierre, ne laissait derrière elle que la fuite vibrante du câble. »  Cet extrait se situe au moment où le personnage principal, Etienne Lantier, découvre pour la première fois l’intérieur de la mine.  Bernard Bay se substitue à celui-ci et nous exprime les mêmes émotions non plus par des mots mais par une photographie représentant ces hommes entassés prêts à descendre au fond de la mine du Roton et à affronter une nouvelle journée d’un labeur éreintant.

 

L’œuvre de l’artiste est ensuite analysée dans son ensemble avant d’étudier les lignes de force de ses deux thèmes principaux : l’homme au travail et l’architecture minière.  Nous abordons ensuite les enseignements artistiques mais aussi humains et patrimoniaux qui se dégagent de ces photographies.

C’est ainsi qu’il se met à parcourir son « Pays Noir » : ses paysages miniers et industriels, ses usines, ses ateliers, ses fermes,…  Et ceci avec la volonté de lui rester fidèle : il dépeint la vie quotidienne de ses habitants dans des moments de travail, de fatigue, de doute mais aussi des instants d’espoir, de joie, de camaraderie. Il souhaite conserver un ton juste : ne pas donner une image trop sombre ou trop embellie mais s’attacher à transcrire la réalité.  Une neutralité exemplaire qui échappe aux pièges du misérabilisme dans lequel de nombreux artistes « sociaux » se fourvoient. 

 

                        

                                          

 

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